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Charivari de la société contemporaine

Lundi 5 Décembre

5 Décembre 2011, 11:18am

Publié par samagace69

Décrire la décomposition sociale et économique qui en train de se dérouler sous nos yeux ne suffit pas .C’est pourquoi je m’efforcerai d’indiquer des alternatives possibles pour vivre dans un monde un peu meilleur.

 A ce titre j’ai découvert un article intéressant sur Libération http://www.liberation.fr/economie/01012375301-le-futur-n-est-pas-objectif

 

Je ne connais pas les thèses de l’économiste André Orléan mais la remise en cause de la valeur de l’échange en tant utilité me semble effectivement pertinent.

Voici un extrait de l’article qui pose le problème de la croyance de la valeur de l’utilité et du Travail qui forment les bases de calculs de la  micro-et macroéconomique actuelles :

 " Je remarque cependant que ces deux réponses ont en commun de penser la valeur économique à partir d’une substance : dans un cas, le travail, dans l’autre, l’utilité. Le propre de ces substances est de pouvoir être calculées indépendamment des échanges. Le travail nous renvoie à la production et l’utilité aux préférences des consommateurs. Il s’ensuit une construction étrange, sans équivalent du côté des sciences sociales, ce que j’appelle «l’économie des grandeurs» : qui pense le monde, non pas en partant des relations que nouent les acteurs lors des échanges marchands, mais à partir du calcul de certaines grandeurs censées dominer entièrement l’action des individus. »

 « L’originalité de ma critique vient du fait qu’elle porte directement sur l’objectivité de la valeur. On touche là à l’une des croyances les plus ancrées des économistes depuis Smith »

 

Voir aussi son entretien en vidéo sur : http://www.laviedesidees.fr/Quelle-regulation-pour-sortir-de.html

 Ce bonhomme paraît avoir de solides références. Voir son CV : http://www.parisschoolofeconomics.com/orlean-andre/index.html

 

Cet idée intéressante insiste sut le fait que le modèle du genre humain en tant qu’agent économique parfaitement rationnel est trop réducteur pour décrire la réalité des phénomènes économiques. Cependant reste à développer cette théorie prometteuse pour qu’elle soit viable sur le plan pratique. Car je ne vois pas comment développer une théorie économique sans instaurer de nouvelles valeurs quantitatives qui permettent de valider ce nouveau modèle. A suivre donc.

 L’économie est un champ interdisciplinaire à la croisée de la sociologie, la philosophie, de l’ethnologie, et des sciences cognitives. Mais le point important est de savoir finalement que l’économie reflète une croyance collective sur la valeur des choses et des Hommes. On n’y échappe pas.

 Actuellement, l’idéologie de l’économie de marché rationnel étouffe les idéologies des sociétés tout court. Elle pourrait même menacer nos démocraties à terme.

Pose-t-elle en elle-même les germes de futures révolutions populaires. La partie la plus visible de ce constat est de remarquer les manifestations pacifiques des «  indignés » à Wall-Street, à Dublin, à Athènes, à Rome etc ….mais pacifiques jusqu’à quand ?

 La révolution «  du printemps arabes » n’est pas forcément un désir de liberté individuel à l’occidental mais surtout une exaspération sur les prix croissants des denrées alimentaire.

 Il ne faut pas se tromper sur l’interprétation de ces nouvelles démocraties. Les peuples arabes réclament une réintroduction des valeurs spirituelles par l’intermédiaire de la religion islamique et ceci au grand dam des pays occidentaux qui y voient une réponse antinomique aux valeurs de la liberté individuelle.

 Ce conflit de « civilisations » restera tant que l’économie de marché tiendra debout. Elle accentue les tensions idéologiques des deux grands courants religieux. Le Christianisme et l’Islam sont pourtant issus d’une histoire commune. La différence maintenant  est qu’il faut remarquer que les musulmans sont situés dans les pays déshérités (à l’exception de la péninsule arabique) et que les valeurs occidentales menacent leur intégrité personnelle car non porteuses de valeurs d’espoir en une vie meilleure.

D’où les dérives fondamentalistes qui veulent revenir aux principes stricts de la Charia qui codifie de façon rassurante la vie quotidienne de chaque musulman jusqu’ à la sphère politique. Ces principes sont portant empreints d’une vision sélective et étroite de l’interprétation du Coran.

 Cette dérive n’est pourtant pas plus représentative de la majorité de la communauté musulmane, laissant place à une interprétation plus ouverte du Coran et des hadiths, dispensée par les penseurs musulmans (oulémas), qui ont élaboré des systèmes de loi basés sur ces règles larges.

 

Ainsi nous avons une responsabilité commune pour ne pas se tromper d’ennemi. L’idéologie rationnelle de l’économie doit être dépassée pour éviter des affrontements inutiles sur les valeurs humaines.

 

Je finirai par une citation de Georges Bernanos,(1888-1948      France     ) :

 « On ne comprend absolument rien à la civilisation moderne si l'on n'admet pas d'abord qu'elle est une conspiration universelle contre toute espèce de vie intérieure. »

 

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