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Charivari de la société contemporaine

Novembre 2011

30 Novembre 2011, 14:43pm

Publié par samagace69

 

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mercredi 30 novembre 2011

 

Nous sommes plus très loin du dénouement historique sur le devenir de l’Europe car tout le monde s’y met pour éviter l’inévitable. Les institutions financières internationales (FMI, FESF) misent tous leurs jetons sur la table pour une partie de poker finale.

 Un article ce matin illustre assez bien la situation :

http://fr.news.yahoo.com/leurogroupe-planche-sur-le-fesf-la-crise-saggrave-141944505.html

 

« Rien ne va plus, les jeux sont fait…. » … allons-y pour la grande roue du destin

Plusieurs théories folles circulent au sujet de ce que les décideurs européens pourraient faire.

C’est toujours ce qui se produit avant les sommets: tout le monde a une pensée pieuse qui laisse croire qu’un sommet va mettre un terme à la crise d’un coup de baguette magique.

On a déjà vu ça avant: les marchés développent de grosses attentes avant les sommets et les rencontres des ministres des Finances.

Et quand ces rendez-vous ne produisent rien de ce qui était attendu à part un plan pour le sommet suivant, les marchés deviennent moroses et inconsolables… et s’effondrent.

Nous sommes aujourd’hui positionnés pour un autre cycle semblable.

La poussée des indices boursiers enregistrée lundi a été générée par un optimisme irrationnel et par une consolidation technique suite à la baisse de la semaine dernière.

Je ne vois pas comment cette poussée peut être soutenue.

Et je m’attends à ce que la tendance soit renversée dès aujourd’hui lorsqu’on apprendra que les ministres des Finances n’ont pas pu sortir un lapin du chapeau.

En attendant, l'agence de notation Standard and Poor's a abaissé hier la note des plus grandes banques américaines, à l'occasion d'une réévaluation des notations des 37 plus grandes banques du monde destinée à tenir compte de nouveaux critères de notation.

Dans le même temps, les entreprises réfléchissent à un éclatement de la zone euro.

Voir l’article du Figaro : http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2011/11/29/04016-20111129ARTFIG00682-les-entreprises-reflechissent-a-un-eclatement-de-la-zone-euro.php

 

Cette crise financière n’est pas simplement technique. Elle soulève quantité de questions sur les buts fondamentaux non seulement de la vie financière mais aussi de l’organisation politique de la société.

 Je vous propose des extraits d’un livre très pédagogique sur la pratique bancaire intitulé « Le banquier et le philosophe » de Roger-Pol Droit et de François Henrot aux éditions « Tribune Libre » :

 

« L’intervention des philosophes peut se justifier, dans la mesure où ils sont les héritiers de la plus longue chaîne de réflexion théorique sur les valeurs, le bien commun, le rôle du pouvoir ou encore la fonction de l’Etat.

 D’autre part, la familiarité du philosophe avec la longue durée et les grandes strates de l’histoire de la pensée peut permettre qu’il fasse voir, dans la hâte du présent et le tourbillon de l’actualité, des lignes très anciennes, ou au contraire des fractures nouvelles qui demeuraient inaperçues »

« En apparence, tout semble donc assez simple : des experts ont accordé une confiance excessive a leurs inventions, des banques ont vu leur bénéfices s’envoler, mais sans conserver une claire conscience des risques encourus, du fait que ceux-ci étaient devenu comme invisibles »

C’est cette fameuse titrisation et autres produits dérivés dont j’ai décrit précédemment. J’ajouterai que, pour des considérations économiques et sociales, nous avons eu des états qui ont menée des politiques keynésiennes entraînant par la suite cette spirale de dettes avec la bénédiction de ces mêmes banquiers.

Mais revenons à notre ouvrage : « L’euphorie générale a fait le reste, aidée par la cupidité habituelle…Il semble que cela ne saurait suffire….En effet, l’analyse de cette crise rassemble spontanément plusieurs éléments des grands partages qui ont fondé la pensée occidentale : visible ou invisible, rationnel ou charnel, mesure et démesure, dissociation ou liaison »

 

Sans dévoiler entièrement le contenu de ce livre, je me contenterai de souligner une des idées maîtresses de Roger-Pol Droit en ce qui concerne cette dualité rationalité / chair :

« Pour Platon, comme d’ailleurs pour pratiquement  tous les Grecs, le propre de la pensée rationnelle est de nous faire toucher au vrai, et ainsi de nous faire vivre sous son emprise – ce qui implique la mesure, le respect des limites, le sens des équilibres.

La mise en lumière des rouages de la récente crise mondiale montre que pour nous, au contraire, tout fonctionne en sens inverse.

Ainsi, au lieu que la raison rende visible la réalité, ce sont les outils de la rationalité (algorithmes, modèles mathématiques sophistiqués, contrôles informatisés) qui ont rendu invisible l’emballement général.

Au lieu de produire de la clarté, la logique, devenue purement instrumentale, contribue à enténébrer le monde

D’autre part, au lieu que la chair soit un obstacle que la pensée parvient à surmonter en se tournant vers des formes conceptuelles _ comme le croyait Platon _ ,il semble bien que, pour nous, ce furent les procédures formelles, les abstractions,…,qui ont contribué a occulter les dimensions humaines des relations financières, la réalité charnelle des entreprises. L’ensemble dessine comme une image inversée du paysage antique. »

 

Finalement on pourrait ajouter que -la raison asservie par la cupidité atomisée des agents économiques n’est que ruine humaine - pour pasticher Montaigne.

Sans jeter aux orties la pensée positiviste d’Auguste Comte, la neurobiologie nous éclaire avec un œil nouveau sur l’élaboration de la pensée humaine. Elle serait guidée par nos émotions. Dans ce contexte, c’est le truchement de la rationalité financière désincarnée de notre propre chair qui nous mène où nous en sommes .

 



mardi 29 novembre 2011

 

Il m’a été rapporté que je porte une vision pessimiste sur l’avenir de notre économie.

 Pessimiste de part la lucidité mais optimiste dans la volonté, je tenterai d’expliquer un peu plus les  fondements d’un tel regard sur notre société contemporaine.

L'annonce d'un tel évènement à la Cassandre n'est pas seulement dû a un individu isolé mais mûrit par une réflexion philosophique et économique de quelques uns.  

 Je vos propose de lire le lien http://sergecar.perso.neuf.fr/cours/histoire7.htm faisant part des réflexions du philosophe Pierre Thuillier. 

 Notre économie moderne est frappée d’un mal supplémentaire récent qui s’appelle la TRITISATION.

 Qu’est ce mot barbare ?

La titrisation (securitization en anglais) est une technique financière qui consiste classiquement à transférer à des investisseurs des actifs financiers tels que des créances (par exemple des factures émises non soldées, ou des prêts en cours), en transformant ces créances, par le passage à travers une société ad hoc, en titres financiers émis sur le marché des capitaux.

Une telle titrisation s'opère en regroupant un portefeuille (c'est-à-dire un lot) de créances de nature similaire (prêts immobiliers, prêts à la consommation, factures ...) que l'on cède alors à une structure ad hoc (société, fonds ou trust) qui en finance le prix d'achat en plaçant des titres auprès d'investisseurs. Les titres (obligations, billets de trésorerie, ...) représentent chacun une fraction du portefeuille de créances titrisées et donnent le droit aux investisseurs de recevoir les paiements des créances (par exemple quand les factures sont payées, ou quand les prêts immobiliers versent des mensualités) sous forme d'intérêts et de remboursement de principal.

 

La titrisation des actifs a débuté aux États-Unis dans les années 1970. Auparavant les banques prêtaient à des clients et conservaient les portefeuilles de prêts jusqu'à l'échéance, en les finançant par les dépôts de leurs clients. L'envolée du crédit après la Seconde Guerre mondiale contraignit les banques à trouver de nouvelles ressources, en particulier avec des débuts de titrisation, d'abord appliqués aux prêts immobiliers puis de plus en plus élargis à d'autres produits.

En février 1970 le département américain au logement et au développement urbain effectua la première véritable titrisation, sur des prêts immobiliers.

Le marché se développa par l'ajout d'améliorations successives comme l'utilisation de Special Purpose Vehicle ou d'un tiers. Cela permit en 1985 la titrisation pour la première fois d'un actif autre qu'un portefeuille de crédits immobiliers, des crédits pour l'achat de voitures en l'occurrence. Ce type d'actifs reste un des produits les plus titrisés. L'opération de 1985 était une titrisation d'un montant de 60 millions de dollars effectuée par la Marine Midland Bank. En 1986 eut lieu la première titrisation d'un portefeuille de crédits de cartes bancaires, pour un montant de 50 millions de $.

En 1988, la règlementation française est adaptée pour permettre la titrisation en utilisant le mécanisme du Fonds commun de créances.

À partir des années 1990 la titrisation s'étend aux produits issus de l'assurance, avec des émissions qui atteignent 15 milliards de dollars US en 2006.

Selon les évaluations de la Bond Market Association, le total des montants titrisés aux États-Unis en 2004 s'élevait à 1800 milliards de dollars US, soit environ 8 % du total du marché des obligations (23600 milliards) ou 39 % du total des dettes des entreprises. C'est le fruit d'une hausse moyenne de 19 % en valeur nominale sur la période 1995-2004. Cette année marque un record alors historique avec des émissions de 900 milliards de $[].

Le marché actuel est principalement américain et européen. Le Royaume-Uni représentait en 2006 52 % des émissions hors CDO. Il était suivi de l'Espagne, de l'Allemagne et des Pays-Bas. Avec 7,7 milliards d'euros d'émissions sur un marché européen de 370,9 milliards d'euros, la France était 5e.

 

Les règles prudentielles classiques régissant les ratios bilans/fonds propres, censées limiter la croissance du crédit, ont été contournées par l’artifice d’une réassurance des risques autorisant l’augmentation de l’effet de levier, et par l’externalisation hors bilan via le mécanisme de la titrisation des prêts consentis.

Cette croissance vertigineuse des crédits s’est accompagnée d’un boom tout aussi rapide des produits dérivés et du mécanisme pseudo-assurantiel des CDS.

Parallèlement, cette machinerie prête à s’emballer a été alimentée par un afflux toujours accru de capitaux, nourri par plusieurs phénomènes :

 1) les profits des pays exportateurs du nouveau « partage » mondialisé du travail et la rente des détenteurs de matières premières (énergie), qui ont réinvestis leurs surplus sous forme de crédits à leurs acheteurs (outre l’exemple évident du couple Chine-Amérique, c’est aussi le cas en Europe, où les surplus intra-européens ont été recyclés en dettes méditerranéennes, baltiques, celtiques et autres).

2) l’accumulation de réserves de précaution en devises des pays émergents qui avaient été frappés par la crise de 1997.

3) Des inégalités toujours croissantes dans les pays développés, se traduisant par la réinjection d’une part accrue des revenus sous forme de créance monétaire et non d’investissement productif.

4) Une démographie vieillissante, accroissant le poids relatif d’une épargne de précaution, elle aussi réinjectée sous forme de dette - directe : immobilier et consommation, ou indirecte : actions/dividendes et obligations - pesant sur les jeunes actifs.

Dans des économies où la majeure partie du travail est soumise à la concurrence baissière des émergents, où les salaires sont perpétuellement compressés, c’est la surévaluation des actifs patrimoniaux qui a joué le rôle de courroie de transmission des flux monétaires vers l’économie réelle. Tant que de nouveaux entrants sont venus soutenir les bulles spéculatives, l’illusion de richesse qui se perpétuait permettait d’augmenter le poids de l’investissement immobilier et de la consommation à crédit des ménages.

Ce type de « croissance », nourrie par un empilement continuel de richesse papier et de vraies dettes, est désormais terminé. Reste à solder le passif, c’est-à-dire dégonfler la bulle de créances et de dettes dont le secteur privé s’est grevé depuis vingt ans et plus, faute de quoi les économies atones vont plonger dans une nouvelle spirale récessive. Mais pour ce faire, encore faudrait-il reconnaître l’existence de ce passif, et comprendre que la puissance publique était seule à même de piloter ce processus. Car les incantations sur la croissance extérieure et la compétitivité restaurée ne suffiront pas - chaque excédent commercial a pour contrepartie un déficit, et les candidats au suicide altruiste seront rares... et en régime de monnaie unique, accroître la compétitivité signifierait entrer dans une spirale morbide de baisse des salaires européens.

Faute de surplus extérieurs, le verdict des équations de base de la comptabilité nationale est imparable : le désendettement du privé requiert un investissement public, c’est-à-dire en cette circonstance d’attaques spéculatives, une mobilisation de l’outil monétaire, une réduction de la capacité de nuisance des capitaux flottants, un contrôle accru sur l’activité du secteur financier.

Aujourd’hui, seuls quelques analystes mettent l’accent sur cette dimension structurelle de la crise. Le débat public français, scandé par de mâles déclarations sur le courage de la rigueur, est à côté de la plaque - au risque que cet aveuglement nous entraîne vers la dépression.



lundi 28 novembre 2011

 

La bourse de Paris va bien aujourd’hui. Pourtant je m’attends à la tempête financière inédite dans l’histoire économique de notre époque moderne.

 

La dette des états européens, sans parler des Etats-Unis, se trouve à des niveaux sans équivalent avec des taux usuriers prohibitifs. C’est pour cela que nous allons bientôt rentrer en récession.

Nous n’avons pas su nous réformer à temps et défendre notre industrie au profit des pays asiatiques. La cupidité des grands argentiers met notre économie à genoux avec de grandes inégalités et de profonds déséquilibres financiers.

 

Je scrute le « Grand soir » du déclin sur www.boursorama.fr et quelque uns prévoient déjà la fin de l’euro avant janvier 2012.

Deux personnalités françaises retiennent mon attention en ce moment : Jacques ATTALI et Paul JORION, deux économistes qui ont une forte expérience du monde de la vie financière et économique.

 

Je ne parlerai pas des conséquences sociales qui sont souvent imprévisibles et chaotiques mais je commenterai sur les pistes de réflexions que je trouverai sur certains documents trouvés sur internet ou sur imprimerie. Il est certain cependant que des replis identitaires vont s’accentuer tant au niveau politique que sociale et que la tentation de trouver un coupable sera forte.

Or c’est tout un système idéologique et fantasmatique de la société contemporaine qui est en cause et qui crée cette tension financière et écologique. Le consumérisme va bientôt atteindre ses limites et un certain vide spirituel manque à l’appel pour assumer cette transition brutale.

 

Des bouleversements sociaux sont à prévoir dans le devenir prochain de l’équité, du partage des ressources de la terre, de la liberté et du respect des diverses cultures mondiales qui ont tendances à s’uniformiser.

 

Il est 12 :21 et le CAC40 caracole avec + 3.44 % de croissance alors que dans la même temps  l’agence Moody’s prévient que les notes de tous les pays européens sont menacées.

 

En effet, l’annonce a été faite par « le monde » : L'agence, qui a récemment averti que la France pourrait perdre son "triple A", indique qu'aucun pays, même parmi ceux jugés les plus solides, comme les Pays-Bas, l'Autriche, la Finlande, voire l'Allemagne, n'est à l'abri d'un abaissement de note.(Mike Segar/Reuters)

L'aggravation rapide de la crise de la dette dans la zone euro menace les notes de solvabilité de tous les pays européens, a averti dimanche l'agence d'évaluation financière américaine, Moody's.

 

Comment expliquer cet engouement des marchés européens ? Par une simple rumeur.

Pour sa part, le quotidien italien La Stampa fait état de négociations entre FMI et Italie concernant un prêt de 600 milliards d'euros pour relever l'économie italienne, ce que l'institution de Washington dément. "Il n'y a pas de discussions avec les autorités italiennes sur un programme de financement du FMI", a démenti un porte-parole du Fonds, contredisant les dernières rumeurs, qui ont alimenté l'optimisme des marchés. Lundi matin, la Bourse de Tokyo clôturait à la hausse, dopée par cet éventuel plan d'aide.

 

Dans le même temps, un "événement négatif majeur" dans la zone euro pourrait avoir des conséquences "dévastatrices" pour l'économie mondiale et plongerait dans la récession l'ensemble des pays riches, y compris les Etats-Unis et le Japon, avertit l'OCDE. C'est pourquoi "les décideurs doivent se préparer au pire" et la Banque centrale européenne doit intervenir davantage pour contrer la crise de la dette, estime l'Organisation de coopération et de développement économiques dans ses prévisions semestrielles.

D'AUTRES PLANS DE SAUVETAGE ?

Alors que des pays comme l'Italie ou la Hongrie ont de plus en plus de mal à se financer à des taux viables sur les marchés, Moody's écrit que "l'élan politique pour mettre en œuvre une solution efficace à la crise pourrait n'être trouvé qu'après une série de chocs, ce qui pourrait mener davantage de pays à se voir privés d'accès aux marchés du financement pour une période prolongée". L'agence fait là référence aux pays comme l'Irlande, la Grèce, le Portugal ou encore la Hongrie, qui ont dûbénéficier d'un ou plusieurs plans de sauvetage financier de la part de l'Union européenne ou du Fonds monétaire international.

 

Même avec l’intervention du FMI  ou de la BCE, si l’Allemagne se décide que la banque doit jouer son rôle d’intervention de financement, avec des taux plus avantageux que ceux pratiqués par les marchés, ce n’est que déplacer le problème de quelques mois tous au plus car les mesures d’austérités en corolaire finiront par abaisser la croissance européenne et donc in fine les recettes fiscales des gouvernements. C’est le serpent monétaire qui se mange la queue.

 

« Avec les politiques actuelles, une vague de défauts d’Etats et de faillites bancaires est inévitable. La plus grande partie de l’Union monétaire se dirige vers la dépression et la déflation », écrivent les auteurs de cette analyse - saluée par Paul Krugman - que publie le Centre for European Reform, un think tank libéral et pro-européen.

 

Je vous propose de lire « Le Crépuscule de l’Euro, par Paul Krugman » : http://contreinfo.info/article.php3?id_article=3124

 

Pour ce qui concerne le coût de la sortie de la zone euro voir la page http://www.20minutes.fr/economie/832022-cout-sortie-zone-euro

 

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